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Dr. Matthew Machin-Autenrieth 

Chercheur Principal

Université de Aberdeen

Biographie

Le Docteur Matthew Machin-Autenrieth est maître conférencier en ethnomusicologie au Département de Musique de l'Université d'Aberdeen, et Chercheur Principal pour le projet financé par le Conseil Européen de la Recherche  «  Rencontres musicales passées et actuelles à travers le détroit de Gibraltar » (2018–2023). Il est également Chercheur invité à la Faculté de Musique de l'Université de Cambridge (jusqu'en 2023). Matthew a terminé sa maîtrise et son doctorat en Ethnomusicologie à l'Université de Cardiff. À la suite de ses études, il a été nommé Leverhulme Early Career Fellow à l'Université de Cambridge (2014-2017), puis Senior Research Associate (2018-2020). Les recherches de Matthew couvrent trois domaines-clés : la relation entre la musique et l’identité régionale dans les États-nations ; les études du patrimoine ; et enfin musique, diaspora et études postcoloniales. Il est l'auteur de la monographie Flamenco, Régionalisme et Patrimoine Musical au Sud de l'Espagne (Routledge, 2017), ainsi que de plusieurs articles sur le flamenco, la politique identitaire régionale et l'immigration marocaine.

Recherche

La recherche de Matthew explore l’interprétation d’une mémoire culturelle commune à l’Espagne et au Maroc enracinée dans le passé utopique d'al-Andalus à travers la musique, tissant dans et hors de l'histoire, et traversant des idéologies incompatibles, voire parfois contradictoires. En s'appuyant sur des collaborations entre le flamenco et la musique arabo-andalouse, les musiciens et les institutions culturelles recourent souvent à l'idée d'un héritage musical partagé pour promouvoir les idéaux interculturels de convivencia - la prétendue coexistence pacifique des Chrétiens, Juifs et Musulmans dans l'Espagne médiévale.

Combinant recherche archivistique et ethnographique, ce projet explore la façon dont la musique peut construire et problématiser le concept d'une mémoire culturelle commune au Maroc et à l'Espagne. Il retrace l'émergence du récit d'un héritage musical partagé pendant le colonialisme espagnol au Maroc (1912-1956). Les affinités soniques présumées du flamenco et ses liens historiques avec la musique arabo-andalouse marocaine se sont avérés être un outil efficace pour la légitimation du colonialisme espagnol, mais ont également permis aux Marocains de négocier leur position face aux contraintes de la domination coloniale. Cependant, cette création musicale n’a pas pris fin avec l’indépendance du Maroc, et le récit colonial d’une « fraternité » hispano-marocaine perpétue encore l’influence de la création musicale. Compte tenu des niveaux élevés d’immigration marocaine dans le sud de l’Espagne, les fusions « flamenco-andalou » sont souvent invoquées comme un modèle d’interculturalisme et une forme de diplomatie culturelle avec le Maroc. Mais de tels projets peuvent estomper les réalités de l'immigration, en soutenant une vision utopique des relations interculturelles, et masquant ainsi les problèmes liés au racisme, à la montée du nationalisme populiste et au rejet du passé andalou. Axé sur des études de cas telles que des expositions coloniales, des festivals contemporains, des projets de diplomatie culturelle, des mouvements de protestation et de création musicale interculturelle au jour le jour, ce projet traverse les périodes coloniales et postcoloniales pour explorer comment une « fraternité » musicale a été interprétée et jouée par musiciens et institutions.

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